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Je suis allé voir une exposition de photos d'Henri Cartier-Bresson au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris. Je vous la conseille.
C'est là que j'ai pris cette photo. Cette phrase lue, relue, tellement connue, d'un maître de la photographie. Un "cliché" donc. Néanmoins, ça n'enlève rien à son exactitude. La seule chose qui me gêne dans cette phrase, c'est qu'elle soit tellement utilisée, et galvaudée surtout, par toute une génération de preneurs de photos qui ne voient pas ce qui se cache derrière cette phrase. Observer, admirer une photo d'Henri Cartier-Bresson, c'est se retrouver en face d'une photo qui associe un véritable travail de choix de scène, d'endroit (la tête), de composition (l'oeil), mais surtout d'humilité et d'empathie pour les sujets photographiés (le coeur). Je me rends compte que ce que j'écris peu paraître bien pompeux. Pourtant, c'est un fait: il y a beaucoup trop de wannabe photographes qui oublient qu'il ne s'agit pas de faire un portrait en N&B pour être un photographe, et qu'un preset lightroom ne rendra pas une photographie plus émouvante, si on n'a pas pris soin de mettre le modèle à l'aise et s'intéresser à lui ou de vouloir transmettre quelque chose via la photo. Je ne prétends pas détenir une vérité définitive sur ce qui fait une bonne ou une mauvaise photo. J'exprime ici un simple point de vue lié à la façon dont je ressens la photo et ma manière de la faire, qui fait que j'ai été particulièrement touché par le travail et les idées d'HCB. Et qui fait aussi que j'aurais toujours un peu les yeux qui saignent en parcourant l'Explore de flickr. Et certains photoblogs. Mes photos sont ce qu'elles sont, elles valent ce qu'elles valent. Je suis très fier de certaines d'entre elles, un peu moins de certaines autres. Mais j'essaie toujours de les prendre de façon sincère, pour faire partager l'émotion que j'ai ressenti, pas pour devenir le futur grand de la photo du XXIème siècle. C'est comme ça que vient la "joie physique et intellectuelle" dont parle Cartier-Bresson.

Mais c'est sans doute parce que je suis un peu un vieux con réac'.