Malgré mon incroyable notoriété blogosphérique, je n'ai pas si souvent que ça la (mal)chance d'être taggué, comme on dit, et de devoir répondre à une chaine. A vrai dire, ça ne me dérange pas plus que ça, parce que j'ai rarement envie d'y répondre et de les transmettre (sauf à Saiko, mais c'est juste pour l'emmerder).
Il se trouve cependant que Monsieur Fred de Mai a émis le souhait que j'exprime ici-même ce qui me trotte dans la tête, ainsi qu'il l'a fait lui-même sur son blog. Vous pensez bien que je n'allez pas refuser ça à un ex-baron de la blogosphère (Je plaisante, Fred)(je précise, pas pour toi, pour les autres, au cas où mon humour subtil le serait trop). Ni une ni deux, me voilà donc en train de tapoter sur mon clavier, pour vous sortir un digest de "dans la tête d'un blogueur génial de monsieur sharky".

Avant de démarrer, quelques précisions. J'ai longuement réfléchi à la manière d'aborder ce genre de sujet. Je ne suis pas d'un naturel très introspectif, et j'ai peu l'habitude d'aller creuser au fond de mon crâne pour exhumer tout ce qui s'y passe. Ou disons plutôt que je reste relativement pudique, au moins en ce qui concerne mon intimité cérébrale. Pudeur à première vue paradoxale pour quelqu'un qui tient un blog, et qui y expose ne serait-ce qu'en images une partie de sa vie. Mais le point important est "une partie", qui finalement ne révèle pas tant de choses de ce qui s'agite à l'arrière de mon front (sauf sur les posts sponsorisés of course...). Bref, malgré tout ça, j'avais envie d'écrire quelque chose pour répondre à la demande de Fred. Parce que même si nous ne sommes pas des proches, encore moins des amis donc, ça fait un moment qu'on se fréquente virtuellement, ça fait un moment que je le suis, que parfois je lui fais des reproches, et ça fait aussi un moment que je me dis que quoi qu'il en soit, ce monsieur est fort sympathique, passionné par ce qu'il fait, et pour ce que j'en sais, honnête dans sa façon de blogguer. Autant de choses qui dans ma tête, puisque c'est le sujet, font "tilt" et me donnent envie d'essayer de répondre à ma façon à sa demande.

Le problème, c'est que je n'y arrive pas. J'en suis à mon cinquième brouillon de post, et je n'y arrive pas. Tout ce que j'écris me semble plat, convenu, inintéressant. D'accord, d'accord, pas inintéressant, je ne vais pas vous faire le coup de la fausse humilité genre ce que je raconte n'a aucun intérêt, pas de ça entre nous. Pas inintéressant donc. Simplement illisible. Je ne peux tout simplement pas trouver une façon satisfaisante de présenter les dizaines, centaines, milliers, millions de conneries, d'idées, d'envie, de joies, de peines qui traversent ma matière grise tous les jours. Je ne peux tout simplement pas trouver une façon satisfaisante de présenter tout le bonheur que je trouve à me raconter n'importe quoi quand je m'ennuie, à inventer des futurs best-sellers que je n'écrirai jamais, à composer des photos que je ne prendrai jamais. Je ne peux tout simplement pas trouver une façon satisfaisante de présenter le bien que me fait le simple fait de penser à Elle, à chaque instant de la journée, parce que ça n'est compréhensible que par moi, puisque c'est moi qui le vis.

Voilà, tout est là: dans ma tête, il y a plein de choses, mais elles sont faites pour y rester.